
Mon histoire avec les voitures n’a pas débuté aussi passionnément que pour d’autres. Petit, les murs de ma chambre n’étaient pas tapissés de posters d’autos, et surtout pas pendant mes années de pensionnat… À part quelques jouets, le seul élément se rapportant à l’automobile qui trainait dans ma maison était la boite d’un puzzle, sur laquelle figurait une 205 T16 du Paris-Dakar avec la livrée jaune Camel. Mon amour pour les voitures a germé et a grandi en vieillissant, malgré cela les Peugeot n’avaient jamais été « dans mon radar ». Mais c’était avant que je m’intéresse à l’ère du Groupe B, aux modèles d’homologations spéciales, et à ces hideux design carrés des années 80 et 90 que j’aime tant aujourd’hui.
Flashback en octobre 2019, me voici sur un des plus beaux spots de début d’automne que l’on trouve par chez moi. Des années plus tard, photographiant une des 200 Peugeot 205 T16 jamais produites. Pas la jaune Camel de mon enfance, mais une des versions d’homologation produites par l’usine française en 1984, pour permettre la participation au Groupe B du Championnat du monde des rallyes.
Tout ceci a commencé par un heureux hasard. Je déjeunais avec un ami producteur, et nous échangions à propos de nos plans futurs, de projets que nous pourrions lancer pour travailler ensemble, lorsqu’il évoqua la voiture de rallye que son oncle avait dans son garage. Mais une voiture de rallye ça peut être n’importe quoi, donc je ne m’emballais pas. Il se rappela qu’il s’agissait d’une Peugeot, et plutôt vieille. Après une petite recherche sur internet, je lui montrais une Peugeot 206 : ce n’était pas celle là, et celle de son oncle était plus vieille et plus grosse… Mon excitation commençait à monter, ne voyant que la 205 T16 qui pourrait correspondre à sa description.
Je lançais une autre recherche, et lui montrais une photo d’une T16 : « Ouais, c’est celle là » me répondit-il d’une déconcertante normalité. J’étais statufié. Quelques appels plus tard, nous avions la confirmation qu’il s’agissait d’une vraie T16, et nous commencions à nous organiser pour aller faire un tour avec.
Quand on photographie des voitures, il est souvent compliqué de trouver les propriétaires, les autos, alors avoir le tout d’un coup si facilement… je ne pouvais pas attendre plus longtemps ! Nous sommes allés cruiser à « El Montseny » avec la T16, un parc naturel à environ une heure de Barcelone. Les routes y sont superbes, et font de cet endroit le décor idéal pour une voiture de cette époque. J’ai encore la chair de poule : la symphonie du turbo, du moteur, les bruits émis par la boîte de vitesse à chaque passage de rapport me font frissonner, comme la vision de cette 205 T16 sur ces routes sinueuses.
L’odeur, le son et les sentiments provoqués par une voiture de Groupe B sont des choses impossibles à reproduire, et encore plus difficiles à retranscrire par les mots. Alors j’ai sorti mon appareil photo, dans l’espoir de vous faire ressentir ces vibrations, et vous transporter dans ce « mid 80’s feeling », où tout était plus simple, et la passion pour les sports mécaniques plus pure qu’elle ne le sera jamais.