Texte & Photos : Maxime Delestre

24 octobre 2019, Los Angeles. 

Escorté par une habituelle horde de pick-ups américains, je suis en route pour Culver City, au nord-est de Los Angeles, où se situent les ateliers de Vintech Motors. 
La zone est industrielle, des hangars bordent les larges voies si caractéristiques des États-Unis. Une fois sur place, je découvre un bâtiment simple en brique rouge. Une sobre inscription « Vintech Vintage & Technology » m’assure que l’endroit est le bon. 

Thomas Fleuret, manager de l’entreprise, qui doit m’accueillir est un peu en retard. J’en profite pour charger mon fidèle Minolta SRT303 d’une pellicule noir et blanc, certain que la suite va mériter quelques clichés.

Une belle 928 noire, dans un jus typiquement californien est garée devant. Ce sera le premier sujet de ce nouveau film. Cet exemplaire noir me rappelle Ô combien j’apprécie cette voiture, tout particulièrement cette première génération.

Thomas arrive. Après quelques rapides présentations, nous voilà à l’intérieur des locaux Vintech. Il me décrit l’activité de son entreprise, qui propose des services variés dans le domaine du design automobile pour les grands constructeurs. Conception 3D, propositions créatives, fabrication de maquettes en clay, sketches ou développement d’accessoires pour la grande série, l’homme et sa société sont de véritables couteaux suisses de l’automobile.

Cette partie du local, composée de bureaux, pourrait s’apparenter à n’importe quel bureau de design. Seuls quelques miniatures et posters de Porsche anciennes trahissent un attachement à la marque. Et pourtant, ce sont ces travaux sur base Porsche qui font une grande partie de la renommée internationale de Vintech.

Thomas me conduit dans la deuxième partie du local. C’est une claque. Deux exemplaires de 912 « made in Vintech » sont là, dans un atelier d’une propreté clinique. 
Un des deux exemplaires est presque terminé. Très vite, les détails trahissent une customisation de haut vol, et Thomas me présente la voiture avec un enthousiasme que seul un vrai passionné peut avoir.

Certaines particularités de la voiture sautent aux yeux au premier coup d’œil. Les phares, feux et clignotants sont spécifiques, taillés dans l’aluminium. Les jantes, entièrement en carbone, impressionnent, et leur aspect très technique se marie étonnamment bien au côté « classique » de cette Porsche au dessin vieux de plus de 50 ans. 
Les échappements centraux traversent la jupe arrière, donnant un côté hot-rod à l’ensemble. La vitre arrière teintée de jaune est un clin d’œil à la 935 de course. À l’époque, Porsche était tellement persuadé d’être en tête de peloton que cette vitre jaune était un moyen d’éviter d’être aveuglé par la voiture suiveuse.

Certaines modifications sont plus subtiles, discrètes. Le pavillon, en carbone, reprend les deux nervures présentes sur le capot de la 911 originale. Les arches de roues sont parfaitement rondes, à la différence d’une 911 d’origine. 
L’intérieur quant à lui est monumental. Sportif et très moderne, il participe très nettement à l’aspect «rétro-futuriste» de cette 912. Le carbone est absolument partout, et les baquets sont une véritable invitation au plaisir de conduite.
Les appui-têtes sont tout bonnement splendides, et pourraient sans problème trouver place dans un concept-car contemporain. 

Et c’est d’ailleurs ce qui fait la particularité et le charme de cette 912 Vintech : cette parfaite combinaison de classicisme et de modernité. L’équilibre est parfait. 

Bravo messieurs.